35,10,0,50,0
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automne

 

Christian AVRIL, grande figure du sport automobile, nous a quittés le 25 février 2010, à l’âge de 77 ans. Le monde de la compétition automobile perd l’un de ses membres les plus éminents et l’un de ses serviteurs les plus fidèles et les plus engagés.
 
Nous allons tenter ici de retracer, en un survol documenté, les 50 années de passion de Christian pour le Sport Auto. Nous serons forcément très incomplets et emprunterons parfois quelques raccourcis, mais l’important sera de demeurer dans la vérité de ce qu’aura été son double parcours, celui de pilote et de dirigeant. Et si par mégarde ou par ignorance, nous commettions une erreur, nous en serions affectés et ne manquerions pas de nous en excuser auprès de Jacqueline son épouse, de ses proches et de ses amis les plus intimes.
 
Le pilote talentueux et éclectique
 
Titulaire en 1959 (à 26 ans) de sa toute première licence ASAO, Christian va débuter sa carrière sportive cette année là au rallye de Basse-Saintonge et dans le baquet de droite, comme navigateur d’AMIOT. Ils y obtiendront un résultat prometteur. Mais irrésistiblement attiré par le pilotage, il va très vite changer de place et courir sur Dauphine Gordini (avec notamment une belle victoire sur l’Automne 1961, associé à Pierre COUILLAUD). De ses 12 participations à l’Automne, Christian en ressortira 3 fois victorieux (61, 69 et 72).

 

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1959 : La toute première licence ASAO de Christian AVRIL
 
Il pilotera un temps une DKW Auto-Union, mais disputera l’essentiel de ses courses, entre 1964 et 1973, au volant d’une Berlinette Alpine 1600. C’est durant cette période que s’affirmera son excellent « coup de volant » et qu’il étoffera son palmarès. Mais curieux et soucieux de varier ses plaisirs, il s’essayera au circuit et à la course de côte au volant d’une Chrysler Barracuda entre 1971 et 1973. Il n’hésitera pas pour cela à aller « chatouiller » sur leur propre terrain des pilotes comme Henri CHEMIN ou Gérard SARRAZIN !… remportant au passage plus de 20 victoires décrochées depuis les cimes.
 
 
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Christian AVRIL et sa Chrysler Barracuda 440-6 (1972)
 
Ne délaissant pas pour autant son Alpine favorite, il va disputer à son bord 3 Tours de France Auto consécutifs (de 1969 à 1971), ce qui lui donnera l’occasion de courir sur les plus prestigieux circuits européens (Nürburgring, Spa-Francorchamps, Castelet - Paul Ricard, la Sarthe, Charade, Nogaro, etc…).
 

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Tour de France Auto 1969 : Equipage Christian AVRIL – Roger ALVES

 

S’il se décide à faire une « pose rallyes » fin 73, c’est pour mieux se laisser enrôler, à deux reprises (en 1975 et 76), par Michel GUICHERD et Jean-Claude GERAL pour la grande aventure des 24 Heures du Mans. Mais hélas, s’il aura le bonheur de participer aux essais, il ne connaîtra jamais le grand frisson du départ car leur Chrysler Hemicuda V8 ne se verra pas qualifiée… il en gardera toujours une petite frustration.

 

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La Chrysler Hemicuda V8 de Michel GUICHERD, engagée aux 24 Heures du Mans 1975
 
Christian va alors « lever le pied » durant quelques années et mettre sa passion de pilote entre parenthèses, donnant la priorité à sa vie professionnelle et à son métier d’entrepreneur de travaux publics. Mais durant cette respiration sportive, un phénomène se produit dans le monde du Sport Auto : Les rallyes raids africains connaissent un essor retentissant… et bientôt, son envie de piloter et de découvrir ces nouveaux « terrains de jeux » et espaces de liberté, vont le faire s’asseoir à nouveau dans une auto (une Range-Rover V8) pour tenter la grande aventure d’un premier Paris-Alger-Dakar. Nous sommes en janvier 1983.
 
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L’ARO 24 Proto n° 218 du Paris-Alger-Dakar 1985
 
Malheureusement, l’équipage n° 232 sera contraint à l’abandon. Ne voulant rester sur un échec et souhaitant conjurer le sort, il change de monture (un 4x4 ARO-Chrysler 24 Proto) et se présente au départ de l’édition 84… Las, le tandem AVRIL-ROUSSEAU abandonnera à nouveau… Mais c’est pourtant bien en rallye-raid qu’il va renouer avec la victoire. Fidèle à son 4x4 ARO, mais cette fois associé à Gérard SARRAZIN, il va se rendre en Egypte en octobre 1984 au départ du 3ème Rallye des Pharaons… et cette fois, « ça va sourire » !... Au terme de 4.500 km à travers les sables qui les ramèneront jusqu’aux pieds des Grandes Pyramides, Christian va inscrire à son palmarès cette grande épreuve de prestige organisée par FENOUIL et que remporteront après lui Ari VATANEN, puis Jean-Louis SCHLESSER. Dans la foulée, il s’alignera une troisième et dernière fois au Paris-Alger-Dakar (édition 85), avec Pierre ROUSSEAU (n° 218)… Mais il sera dit qu’ils ne rallieront jamais le Lac Rose...
 
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Octobre 1984 : L’équipage AVRIL - SARRAZIN
remporte le 3ème Rallye des Pharaons
 
C’est décidé, il ne tentera pas une quatrième participation… mais reviendra néanmoins par pur plaisir sur le Dakar, en tant que Commissaire FIA. Mais soyons sûrs qu’il ne s’agit là pour le Christian compétiteur que d’une courte pose, car sa curiosité va lui faire découvrir une toute nouvelle discipline automobile ; le rallycross. Importé d’Angleterre en 1976 par Michel HOMMEL, ce type d’épreuves va vivre ses premiers tours de roues sur le vieux continent à Lohéac, en Bretagne. Ce sera pour Christian un véritable coup de cœur ; il tombera sous le charme de ces compétitions mettant plusieurs autos en opposition directe sur un circuit fermé tourmenté, entouré de tribunes. Si le concept permet d’en faire une discipline spectaculaire et promise à un bel avenir, il reste cependant beaucoup à faire en matière de promotion. Notre homme a vite compris cela et va se mettre à la tâche, bien décidé à sortir le rallycross de sa confidentialité et à en faire une discipline connue et reconnue. Outre l’essor qu’il saura lui donner, Christian contribuera grandement au développement de l’AFOR, l’Association Française des Organisateurs de Rallycross, dont il occupera même un temps, le siège de secrétaire national.
 
 
C’est bien en se faisant le promoteur de cette spécialité en devenir que vient véritablement de prendre fin son parcours de pur compétiteur. Il en sera donc terminé à compter de 1988 du pilote "tous terrains" qui se bagarre pour "aller chercher le scratch". Ne faisant plus rugir ses autos, Christian AVRIL va résolument prendre son bâton de "pèlerin président". Nous reviendrons sur son immense action de dirigeant et sur les succès de ses présidences successives.
 

Quand on dit qu’il ne retouchera plus le volant, ne commettons-nous pas un petit mensonge ?… car pour le plaisir et rien que pour le plaisir cette fois, Christian se glissera à nouveau dans le baquet (devenu quelque peu exigu pour lui !..) d’une Berlinette, pour s’offrir en guise de pure gourmandise, une participation à une toute dernière grande épreuve de prestige. Même s’il me confiait récemment que pour lui il ne s’agissait plus là de véritable course automobile au sens compétition, mais d’une magnifique ballade parfaitement organisée, seul le bonheur de retrouver les bons copains et l’ambiance des paddocks, l’avait poussé à s’aligner à 2 Tours de France Auto Historiques, en 2000 et 2001. En quelque sorte, une quête du Graal pour lui…

 

 
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15 et 16 novembre 1969, Christian AVRIL à l’attaque sur son Alpine Renault
 
Au total, en plus de 20 années de compétitions, Christian aura remporté plus de 100 victoires après plus de 300 épreuves disputées à travers le monde. Véritable pilote « touche à tout », il aura excellé sur tous les terrains ; en rallye sur asphalte, sur terre, sur circuits, en courses de côtes et même en rallyes raids. La liste de ses succès serait bien longue à détailler...
 
Le dirigeant engagé et réformiste
 
Homme engagé et responsable, entrepreneur dans tous les sens du terme, rigoureux et compétent, il mettra ensuite au service de son sport, toute son expérience acquise dans le baquet et au contact des fondateurs de l’ASAO, comme pour lui rendre un peu de ce qu’il en aura reçu lui-même. Christian montrera à tous combien il sait être un dirigeant obstiné et charismatique. Avec sa force tranquille et le poids de ces convictions, il s’imposera avec naturel et sera un leader unanimement reconnu.
 
C’est tout d’abord dans sa région, le Poitou-Charentes, que Christian AVRIL, s’investira. Très jeune et des années durant, il aura d’abord donné un sacré « coup de main » à l’organisation technique des gymkhanas, des sorties touristiques et autres organisations de l’ASAO, dont bien entendu « l’Automne », tout en entamant sa carrière de pilote. Son implication sera croissante et deviendra telle qu’il se retrouvera un jour le second d’André GRASSET… avant de lui succéder. Là, il saura imposer sa clairvoyance et son savoir-faire à la tête de son ASA, rebaptisée entre temps SAO. Il est celui qui façonnera le Rallye d’Automne dans sa formule atypique et originale du "midi-minuit", en en faisant une épreuve dense et rythmée, tellement appréciée des pilotes, au point d’en être devenu pour beaucoup, LE rendez-vous incontournable et immanquable de fin de saison.
 
Christian sera président pendant 4 ans (de 1989 à 1992), avant de s’atteler à la « remise en ordre de marche » de la Ligue Limousin-Atlantique (entre 1993 et 1996). Enfin, leader incontesté et toujours animé de cette volonté farouche de faire évoluer les choses et les institutions, il prendra les rennes de l’Automobile-Club de la Charente-Maritime en février 1998. Durant les 2 années de son mandat, il va en faire un organisme résolument ouvert vers les automobilistes et entièrement placé au service des usagers de la route. En y développant les actions de sécurité routière et une activité de contrôle technique, Christian et son équipe rajeunie feront de l’établissement rochelais un Automobile-Club leader et pilote sur le plan national. Tel est le « bébé ragaillardi » qu’il confiera en 2000 aux bons soins de Jean-Roch LEBOSSẺ.
 
Parallèlement à son fort engagement dans nos structures régionales, Christian AVRIL va également s’investir au plan national et même international. Il prendra successivement en charge plusieurs dossiers importants traitant tous de la rénovation et de l’indispensable évolution du Sport Automobile, notamment dans ses aspects règlementaires. Il s’impliquera tout particulièrement dans la modernisation du rallycross, puis dans l’élaboration des cahiers des charges régissant les épreuves électro-solaires FIA ouvertes aux véhicules électriques. Pour cela, il rejoindra les hautes instances de la Fédération Internationale (alors présidée par Max MOSLEY) et entrera au Comité Directeur de la FFSA, dirigé par Jean-Marie BALESTRE. Christian y sera Président de Commission.
 
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Christian AVRIL (1969)
 
Mais revenons un instant en notre Ville ; nous sommes fin 1992 et alors qu’il siège à la FIA (avec son ami François MONATH), Christian, accompagné de Jean-Roch LEBOSSẺ, va rencontrer Michel CREPEAU, Député Maire de La Rochelle et ancien Ministre. De cet entretien à priori anodin, d’une boutade à l’autre, va germer l’idée d’organiser le tout premier rallye de véhicules électriques en France ; ce sera le Rallye VE de la Communauté de Communes de La Rochelle !… Tout le monde connaît la suite, avec une aventure sportive, technologique, environnementale, mais aussi humaine, sans précédent, qui va faire de La Rochelle durant plusieurs années à compter de 1993, la seule manche française de la Coupe du Monde FIA Electro-solaire. A sa manière, le SAO, par le biais d'une équipe ressérée et renforcée de Jacques MAZAURY, se fait acteur du développement local et porteur à l’international de l’image avant-gardiste de notre Ville.
 
La fin de sa présidence va être auréolée d’un autre "grand coup" : Dans le courant de cet été 92, le Comité Directeur de la FFSA va tardivement demander au SAO d’organiser la Finale de la Coupe de France des Rallyes, point d’orgue de la saison. Imperturbable défenseur de "son" Rallye d’Automne, Christian AVRIL veut avant tout préserver l’édition de l’épreuve rochelaise et va alors imposer le 37ème Automne simultanément à la Finale. Ainsi ce qui ne s’était jamais fait auparavant va se réaliser à La Rochelle, les 5 et 6 décembre 1992 : La Finale de Coupe de France sera en doublon d’un rallye national !... Chacun là encore connaît la suite… plus de 200 autos sur le Vieux-Port et un succès sportif et populaire retentissant !...
 
Au moment même de ce "passage en force" tout aussi inédit que réussi, « Président-Christian » arrive au terme des 4 années de son mandat, et il entend bien passer la main à un « jeune », ce qu’il fait en février 1993. Il pourra alors goûter avec sérénité un recul tout autant désiré que programmé, satisfait d’avoir concrétisé en mai 1991 l’un de ses objectifs majeurs ; regrouper sur un même site et sous un même toit le SAO et l’Automobile-Club 17 (dans le quartier de Villeneuve-les-Salines, à l’adresse actuelle).
 
L’heureux élu sera Jean-Roch LEBOSSẺ, propulsé à la présidence d’une ASA en parfaite santé et fraîchement installée. Remarquablement « mis sur rails » par son aîné, ce dernier va, tel un « fils spirituel », prolonger l’action déjà engagée en en conservant les mêmes lignes directrices et en restant avant tout fidèle à l'éthique sportive exigée par Christian. Il est heureux de constater que cette bien belle aventure se poursuit encore aujourd’hui en 2010, sur les bases solides de la voie ainsi tracée et sur les mêmes valeurs portées depuis par de nouveaux responsables.
 
Ces fondements intègrent pêle-mêle l’environnement, la convivialité, la rigueur d’organisation, la sécurité, l’équité sportive et la pluridisciplinarité. Et nous est-il nécessaire d’ajouter que le ciment indispensable à la pérennité et au respect rigoureux de cette éthique dans sa déclinaison associative, reste bien évidemment le plaisir de se retrouver et de bâtir quelque chose de bien ensemble ? Christian était garant de cet état d’esprit… et il fait de nous aujourd’hui ses héritiers en ce domaine…
 
Son départ prématuré
 
Ainsi, après avoir disputé les plus prestigieuses épreuves nationales et internationales et s’être frotté aux plus grands pilotes de sa génération (qu’il serait trop long d’énumérer ici), après 2 carrières longues de plus de 20 années chacune, Christian nous quitte en nous laissant une empreinte indélébile de sa passion, de son engagement et de son action toujours constructive et novatrice. Comme se plaisent à le dire tous ceux qui l’ont côtoyé, Christian AVRIL était et demeurera un « Grand Monsieur » du Sport Auto.
 
 
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Jacqueline « navigue » son mari sur l’Automne. Le père Roger n’est pas loin pour veiller sur le fiston…
 
Il était né le 14 novembre 1932. Le SAO lui avait publiquement souhaité, avec une touche d’humour, son 77ème anniversaire en clôture du dernier Rallye d’Automne et de la Finale VHC, à la mi-novembre 2009... Si pour lui le temps de la « compête », de l’engagement et de l’action étaient bel et bien derrière lui, il restait un homme serein et bon-enfant, un brin philosophe, mais rassuré de savoir les structures locales du Sport Auto respecter l'éthique qu'il avait lui-même prônée et de les savoir placées en de bonnes mains. Oui, après avoir innové et rénové, il avait su former puis transmettre. Libéré de tous mandats, il avait confessé vouloir faire avec Jacqueline le « Tour de France des amis », de ceux que le Sport Auto lui avait fait rencontrer durant une tranche de vie longue de plus de 40 ans.
 
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Christian, ici sur la gauche, derrière Jean-Claude ANDRUET et Gérard LAROUSSE (tête baissée)
 

Christian pouvait sans crainte et avec le sentiment légitime du devoir accompli, couler des jours heureux avec son épouse (et ancienne copilote) dans leur douillette et discrète maison de Dompierre-sur-Mer. Il aimait partager son temps désormais totalement libre entre les voyages vers le soleil et les soirées chaleureuses et gourmandes, entouré de sa famille ou de ses vrais amis… bien loin des "faux culs" à l’égard desquels il éprouvait tant de mépris. Homme pressé sans doute, il ne se sera accordé que le temps de goûter aux douceurs de cette nouvelle vie.

N’occupant plus qu’un poste honorifique (de 1er Vice Président), il conservait néanmoins avec grande discrétion, un œil protecteur et bienveillant sur son club de toujours, le SAO (51 licences consécutives aux couleurs de notre ASA !). Il en était le sage, celui qui de temps à autre, savait arbitrer en tout dernier recours telle ou telle décision délicate ; il restait porteur de principes et de valeurs essentiels et savait presque sans rien dire, faire perdurer entre nous tous l’âme de ce club. Son éternel et implacable bon sens pouvait parfois guider une réflexion hésitante de notre part.

 
 
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Octobre 2005 : Christian aux cotés de Jacques CHENISSE, lors du 50ème anniversaire de
« l’Automne » ou quand deux anciens vainqueurs du rallye des « feuilles mortes » refont l’histoire…
 
Avec lui, disparaît un témoin majeur de notre mémoire collective. Il avait su dès les années 60, puiser auprès d’André GRASSET et de Georges HIBLE tous les ingrédients d’une bonne organisation jusqu'à s'en forger des convictions profondes et se convaincre d'agir plus tard sans jamais déroger à une éthique sportive solidement ancrée en lui. Il saura en effet adopter une application rigoureuse de ses principes avant de transmettre ce formidable héritage de plusieurs générations de "pères fondateurs" de l’ASA (créée en 1953), aux responsables que furent après lui, Jean-Roch LEBOSSẺ, Jean-Pierre ROCHER ou Gérard TEXIER aujourd’hui.
 
Autour de ces présidents successifs qui chacun à leur tour eurent ou ont à cœur de "garder le cap" tout en s’adaptant à l’actualité, aux évolutions et aux pratiques nouvelles, nous sommes un solide "noyau de fidèles" à être porteurs de ce legs précieux. Puissions-nous progresser encore tout en conservant l’inspiration que Christian nous insufflait. S’il en est ainsi, nos organisations, tant du côté de Bords que de La Rochelle ou de Surgères auront encore de belles journées devant elles.
 
A son image, Christian souhaitait autant de rigueur et de convivialité que de diversité dans les épreuves à proposer. Il exigeait de tous un travail sérieux en prenant soin de ne jamais se prendre au sérieux. Nous tenterons de perpétuer ces principes en utilisant au mieux la géographie et les profils routiers de notre département et en offrant à chacun, qu’il soit amateur de slalom, de régularité ou de vitesse sur asphalte, qu’il pilote une auto "moderne" ou une "belle ancienne" labellisée "historique", des terrains de jeux à la hauteur de ses attentes et de sa passion.
 
En cette fin 2009, il n’était pas le moins fier d’entre nous de voir son ASA en charge d’organiser la 3ème Finale de la Coupe de France des Véhicules Historiques de Compétition !... Si cette désignation flatteuse se voulait pour chacun être davantage une récompense plutôt qu’une réelle charge supplémentaire, ne devons-nous pas admettre que Christian en avait été bien avant nous le principal artisan ?... N’aura t-il pas été l’instigateur prépondérant de cette reconnaissance fédérale du savoir-faire SAO ?... Oui, assurément !... d’autant que là encore, (et c’est un clin d’œil amusant) l’histoire allait se répéter 17 ans après et au même endroit, avec la toute première Finale VHC organisée en doublon d’un rallye "moderne" !...
 
 
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14 novembre 2009 ; Finale VHC, Départ de la 2ème étape à La Rochelle :
Christian parle « auto » avec Jean RAGNOTTI…
 
S’il ne prit pas une part active aux taches administratives ou logistiques de cette Finale, il n’en fut pas pour autant absent. Il sut être bien là ne serait-ce que pour se délecter du plaisir de retrouver plusieurs de ses adversaires d’hier, tels Alain SERPAGGI, Jean-Claude ANDRUET ou encore Jean RAGNOTTI. C’est d’ailleurs en bavardant avec « Monsieur Jean », alias « le Professeur », en ce samedi 14 novembre (jour de son anniversaire) au départ de la 2ème étape, que notre photographe les a surpris. Voilà bien comment une simple photo se transforme aujourd'hui en un précieux document d’archives.
 
En ce tout début de saison 2010, l’Automobile Club de la Charente-Maritime, le Comité Régional du Sport Automobile Poitou-Charentes et le Sport Automobile Océan sont orphelins de l’un de leurs plus illustres membres. En ce 25 février et sans rien n’en dire à personne, Christian AVRIL a discrètement repris une dernière fois le volant d’un bolide rangé dans le garage depuis bien longtemps… et s’est élancé, à très grande vitesse comme il sut toujours le faire, sur la route d’une ES inédite que nous ne connaissions pas. Il y a disputé, tout seul et sans la moindre "reco" préalable, une épreuve assurément très spéciale qui a vu cette fois le chrono et le temps s’arrêter... nous prenant tous de cours, pour l’éternité.
 
Tu disais ne jamais regarder dans le rétroviseur, restant résolument tourné vers l’avenir. Nous avons aujourd’hui dérogé à l'une de tes règles fétiches en nous penchant avec autant de délices que de tristesse sur ton incroyable parcours… un parcours remarquable qui appartient désormais au passé. De toi, nous conservons un souvenir tout aussi affectueux qu’inoubliable, emprunt d’un très profond respect, ainsi qu’un héritage oh combien précieux. Nous te devons un immense merci pour tout cela.
 
Adieu Christian.
 

 

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